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Pour le MEDEF, "la situation n'est pas désespérée"

TRIBUNE, par Patrick Martin, Président du MeDef Rhône-Alpes
Chiffres, graphiques et tableaux en main, Patrick Martin souhaite démontrer pourquoi, pour l'organisation patronale qu'il dirige en Rhône-Alpes, "la situation économique est grave... mais certainement pas désespérée"...
" Les conditions du crédit
Les taux d’interets de référence (1) pour les emprunts a taux variable des entreprises sont à leur plus bas niveau depuis 9 ans. Ils ont été divisés par près de trois en trois mois. Les conditions du crédit immobilier se détendent de façon accélérée, avec un taux de moins de 0.53 points (de 5.15 a 4.62%) entre décembre et février(2), soit la plus forte baisse depuis 1993 et un retour aux conditions de novembre 2007(2)
(1) euribor, eonia
(2) source CSA
La durée des credits (220 mois en fevrier 2009) ne diminue plus… Elle a même augmenté de 7 mois depuis décembre. Entre la baisse des prix immobiliers (10%) et la baisse des taux, près de 20% des ménages français se trouvent re-solvabilisés.

La liquidité financière existe
Les banques, qui stérilisaient quotidiennement plus de 300 Mds d’euros aupres de la BCE, y placent désormais moins de 100 Mds (source : BCE) ; En temps normal c’est moins de 10 Mds / jour…Mais ce sont bien 200 mds qui sont revenus vers le financement de l’économie en quelques semaines !

19 Mds d’euros ont ete collectés en janvier sur les livrets A, soit autant que sur toute l’année 2008 ! Malgre la baisse de la rémunération. (source : Caisse des Dépôts et Consignation – CDC)

Le taux d’epargne des français reste l’un des plus élevés du monde.
La solvabilité des emprunteurs est un vrai problème pour les banques, mais pas le seul : considérant que seules les activités de «détail» (particuliers, entreprises) ont «fait» leurs résultats 2008 (a l’inverse des activités financières de marché) les banques ont impérativement besoin de prêter de l’argent en 2009 pour générer du produit net bancaire (leur marge brute) et couvrir leurs charges de structure.

La vraie question : les besoins de financement des Etats (170 Mds d’Euros pour la france en 2009) ne vont-ils pas assécher les liquidités et retendre les taux ? -> jusqu’où ne pas aller dans le creusement des déficits

La baisse de l’inflation et du prix des matières et services

Après le pic de l’été 2008 (3.6%), l’inflation en rythme annuel s’effondre : -0,4% en janvier +0,4% a +0,7% prévus sur l’année 2009.

Malgré la hausse du chômage, la consommation des français augmentera ainsi de 0,8 a 1 point en 2009, soutenant l’activité globale.

Les transferts sociaux (31% du PIB et 550Mds d’Euros, soit un record au sein de l’OCDE) augmenteront de 17Mds d’Euros (dont 2,6 Mds au titre des mesures arrêtées le 18 février). C’est un énorme amortisseur.

Le Medef Rhône-alpes en prend acte, sans aucun dogmatisme, compte tenu des circonstances exceptionnelles que nous vivons. Ceci justifie pleinement que la relance par la consommation ne soit pas prioritaire – par comparaison avec d’autres pays où la part des revenus directs est beaucoup plus importante pour les ménages, et donc sensiblement plus affectée par la crise qu’en France.

La consommation française a progressé de 1,8% en janvier.


Derrière celà, l’effondrement du prix des matières premières ou de première transformation. La baisse du prix du petrole réinjecte 2.000 a 3.000 Mds de $ dans les économies occidentales, soit trois fois plus que le gigantesque plan de relance d’Obama.

Le prix du transport maritime de marchandise (indice baltic) a baissé de 80% en trois mois

Les prix des métaux et des denrées alimentaires ont été divisés par deux ou trois depuis l’automne. ils ont retrouvé leur niveau de 2006, voire 2005.
Paradoxalement, la stabilisation ou le léger rebond de ces différents indices est plutôt une bonne nouvelle : l’activité mondiale reprendrait-elle (doucement) avant qu’économistes et statisticiens s’en rendent compte ?

La bulle spéculative, également ravageuse sur les matières premières, est crevée.

Derrière tout celà donc, du pouvoir d’achat et une reconstitution indispensable des marges pour les industriels.

La baisse du prix des actifs : il redevient intéressant d’acheter

Les indices de prix boursiers et immobiliers, en sensible baisse, sont peu significatifs tant les marchés sont étroits. Exemple : 2 a 3 Mds de transactions boursieres quotidiennes à Paris, contre 7 a 8 en temps normal. C’est le signe que, sur ces deux marchés, beaucoup de détenteurs ne vendent pas car ils attendent la reprise qui finira par arriver... ou ils ont les moyens d’attendre...

Aux premiers signes repétés d’inversion (pour commencer aux USA), les courbes de prix peuvent se redresser brutalement. Les spéculateurs à la baisse auront perdu. C’est un phénomène de marché classique, vu et revu dans le passé.

En attendant, cessons d’accabler les actionnaires, qui ne sont qu’archi-minoritairement de purs spéculateurs de type hedge-funds : des sociétés sans capitaux, çà n’existe pas ! Les actionnaires ont perdu 50% de leur capital en un an… et se trouvent au niveau de 2003 ! A-t-on vu un salarié, un retraité accepter cinq ans de recul sur son pouvoir d’achat ? Ce qui est vrai des sociétés cotées l’est aussi des non cotées.

Et évitons de faire fuir les capitaux, au moment ou précisément les entreprises en ont besoin, en proposant des mesures populistes de partage des bénéfices. Le CAC 40 est détenu a 50% par des capitaux étrangers qui peuvent partir… en quelques secondes !
En immobilier, l’offre s’ajuste très vite : le stock de logements neufs à la vente demeure élevé (110.000), en hausse de 8% sur un an… mais il a baissé au dernier trimestre 2008.

la baisse de la parite € / $


Par rapport au pic de juillet 2008, l’Euro a regagne 20% de sa compétitivité. Nos exportateurs (dont le nombre a baissé de plus de 3.000 en 2008) en ont grandement besoin.

la baisse des stocks
Selon l’Insee, le destockage a occasionné 75% de la baisse du PIB fin 2008. C’est pour les industriels, singulièrement dans la sous-traitance la question du moment. L’activité des decoleteurs, des plasturgistes a baissé jusqu’a 80%. En regard les ventes de leurs donneurs d’ordres ont baissé de 10 a 20%.
Quand les commandes reprendront-elles ? Mais elle ne peuvent pas ne pas reprendre, en corrélation avec la demande finale. Il en va pour nos PME/PMI, de leur politique sociale, de leurs plans de trésorerie, de leurs propres approvisionnements.
On ne peut pas trop accabler les banques de ne pas s’engager sur des entreprises qui elles-mêmes n’ont pas de visibilité.

Le Medef Rhône-alpes s’emploie a leur donner de la visibilité.
Les dispositifs publics et professionnels de soutien : une action pertinente, engagée avec une rapidité sans equivalent dans le passé… mais avec les moyens du bord :
Immobilier et BTP : programme de rachat de 30.000 logements par des bailleurs sociaux à des promoteurs immobiliers -> très avancé. Celà permet aux premiers d’acquerir a bon prix des logements de qualité, aux seconds de reconstituer leur trésorerie et au marché de purger 30% des stocks.

Eco-prêt a taux zéro et deductions fiscales, une aubaine pour accélerer le déploiement du Grenelle de l’environnement :soutenir la filiere batiment, enorme pourvoyeuse d’emplois et travaillant a 50% pour la énovation (soit le marché touché par ces mesures), en régime de croisière, 400.000 logements/an à traiter (source FNB).

Amendement Scellier voté en janvier : un «super» Robien
Depuis debut janvier, les promoteurs annoncent un doublement ou un triplement de leurs ventes par rapport a fin mars 2008, dont 50% liés au "Scellier" . Le plan de relance peut apparaitre du saupoudrage. son ciblage, fondé sur la rapidité de mise en œuvre est tres positif compte tenu de la relative urgence de la situation.
344M€ d’autorisations d’engagement sur 2009 et 2010, generant pour Rhone-alpes 1.1Md de travaux, c’est tant mieux.

Deux remarques toutefois :
Ne soyons pas victimes une nouvelle fois de l’empilage des structures administratives et politiques : le processus de mise en œuvre doit etre rapide entre Etat et collectivites locales ; Nous souhaitons qu’une décision favorable du conseil d’Etat débloqué par ailleurs le dossier de l’A 89. Souhaitons aussi que Rhone-alpes beneficie enfin de l’implantation d’un EPR.

Au-delà du plan de relance, ces deux dossiers génèreraient près de 6Mds d’euros d’investissements pour la region – pour le second cas 5Mds, dont rien à la charge de la collectivité. Ce sont aussi 7 a 8.000 emplois en phase initiale. le Medef Rhone-alpes est hautement favorable a ces deux projets.

L'Etat et les partenaires sociaux assument leur rôle pour amortir les effets sociaux de la crise : amenagement considerable du regime du chomage partiel , accord unanime (7 janvier 2009) des partenaires sociaux sur la formation professionnelle, ré-allouant pres de 900m€ vers la sécurisation des parcours professionnels , ordonnance du 18 décembre 2008 ameliorant et demystifiant pour les dirigeants les procedures de prevention des difficultes des entreprises (mandats ad hoc, conciliation, sauvegarde).

Plan de soutien a la filiere automobile
Face a la situation parfois critique des acteurs de cette filière, c'est un apport de trésorerie aux constructeurs et à leurs filiales de financement (70% des VL achetés a crédit !) . Annonce le 26 février a Saint-vulbas par Nicolas Sarkozy de la signature d’une charte ethique entre constructeurs et sous-traitants . Le Medef rhone-alpes et la CRCI vont essayer de rapprocher les deux, pour donner aux seconds la visibilité dont ils ont absolument besoin

Les dispositifs de crise organisés par les Préfets avec les CCI, les organisations patronales, les banques, Oseo, les services de l’Etat, de même que le mediateur du credit ne règlent pas tout mais fonctionnent bien. Les reunions se tiennent tres régulièrement et produisent des resultats.

Oseo joue pleinement son rôle
Soutien a 427 entreprises rhonalpines, avec garantie apportée sur 60% des financements. La région Rhone-alpes a voté dans son budget 2009 62 millions d’euros pour soutenir l’activité des entreprises

Restitutions fiscales : 4.5Mds restitués par l’Etat au titre du crédit d’impôts recherche et de l'Impôt Solidarité sur le Fortune... Tous ces dispositifs sont pragmatiques et opérationnels. Ils sont essentiellement efficaces. Le Medef Rhône-alpes y souscrit pleinement et s’y associe étroitement".


Patrick Martin


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